# Vigie, le tableau de bord de l'expert-comptable

Spécification produit. 7 août 2026.
Premier produit de SauverMonEntreprise.fr dont la valeur ne dépend pas du
temps de son fondateur.

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## 1. Le problème, du point de vue de celui qui paie

Un cabinet d'expertise comptable suit entre 150 et 400 dossiers. Il dispose
de tout ce qu'il faut pour voir venir une cessation des paiements : les
balances, les échéanciers, les dettes sociales, les retards de paiement.

Il ne le voit pourtant presque jamais à temps, pour trois raisons qui n'ont
rien à voir avec la compétence.

L'information est là, mais dispersée sur douze mois et deux cents dossiers.
Personne n'a le temps de faire, chaque trimestre, la confrontation du passif
exigible et de l'actif disponible pour deux cents clients.

Le signal ne ressemble pas à une alerte. Un client qui glisse ne change pas
brutalement : il allonge ses délais fournisseurs de vingt jours, puis
trente, et son compte de résultat reste correct pendant ce temps.

Enfin, quand le collaborateur voit quelque chose, il ne sait pas toujours
quoi en faire ni ce qu'il a le droit de dire.

Le coût de ce retard est double. Pour le client, c'est la sauvegarde qui
devient inaccessible et la liquidation qui remplace le redressement. Pour
le cabinet, c'est une responsabilité professionnelle mise en cause a
posteriori, et un client perdu.

**Vigie transforme une donnée que le cabinet possède déjà en une liste de
dossiers à regarder cette semaine.**

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## 2. Ce que le produit fait, et ce qu'il ne fait pas

### Il fait

- Classer le portefeuille du cabinet par niveau de vigilance, et non par
  ordre alphabétique.
- Dire, pour chaque dossier signalé, **quels faits** ont déclenché le
  signalement, avec les chiffres qui les fondent.
- Indiquer les échéances juridiques qui courent, quand elles courent.
- Produire les documents de travail : tableau des deux masses, trésorerie à
  treize semaines, liste des questions à poser au client.
- Garder la trace de ce que le cabinet a vu et de ce qu'il a fait. C'est ce
  qui protège le cabinet, et ce n'est pas un effet de bord : c'est un
  argument de vente.

### Il ne fait pas

- **Aucun score sur dix, aucune note, aucune probabilité de défaillance.**
  Un modèle prédictif que l'on ne peut pas démontrer statistiquement
  n'a pas sa place ici. Cette règle a déjà été posée pour les
  professionnels référencés, elle vaut pour les entreprises suivies.
- **Aucun conseil juridique au client final.** Vigie s'adresse au cabinet,
  qui reste seul interlocuteur de son client.
- **Aucune décision automatique.** Le produit propose une liste, un humain
  décide.
- **Aucune transmission à un tiers.** Ni à un avocat, ni à un mandataire, ni
  à SauverMonEntreprise.fr.

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## 3. Les utilisateurs

| Rôle | Ce qu'il vient faire |
|---|---|
| **Associé du cabinet** | Voir l'état du portefeuille en trente secondes, savoir où est le risque, prouver que le cabinet a regardé |
| **Collaborateur** | Traiter ses dossiers signalés, préparer un rendez-vous client |
| **Client du cabinet** *(phase 2)* | Accéder à son seul dossier, déposer une pièce, répondre à une question |

Le client final n'a pas accès au produit en version 1. C'est une décision,
pas un manque : le premier acheteur est le cabinet, et lui donner un outil
qu'il maîtrise seul lève l'objection principale, celle de la relation
client.

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## 4. Les données, et pourquoi si peu

La tentation est de brancher le produit sur la comptabilité complète. C'est
un chantier de plusieurs mois et un obstacle commercial : aucun cabinet
n'ouvre son système à un éditeur inconnu.

Vigie part donc du **fichier que tout cabinet exporte déjà** : la balance
générale, mensuelle ou trimestrielle, au format CSV ou FEC.

De cette balance seule, on tire ce qui compte :

| Grandeur | Origine |
|---|---|
| Passif exigible | Fournisseurs, dettes fiscales et sociales, emprunts échus |
| Actif disponible | Disponibilités, valeurs mobilières de placement |
| Dettes sociales et fiscales | Comptes dédiés |
| Créances clients et leur ancienneté | Comptes clients, par échéance si disponible |
| Capitaux propres | Pour la question de la perte de la moitié du capital |

Cinq compléments sont saisis à la main, une fois, et se modifient rarement :
forme sociale, effectif, existence d'une caution du dirigeant, existence
d'un bail commercial, secteur.

**Aucune donnée nominative de personne physique n'est nécessaire.** Le
produit n'a besoin ni des salariés, ni des clients du client, ni du
dirigeant. Cela simplifie tout le volet protection des données, et c'est
une contrainte de conception, pas un oubli.

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## 5. La mécanique de vigilance

### 5.1 Principe

Pas de score. Des **faits observés**, chacun nommé, daté et traçable à sa
source. Un dossier remonte parce que des faits sont réunis, et l'écran dit
lesquels.

### 5.2 Les faits observés

**Faits de trésorerie**
- L'actif disponible ne couvre plus le passif exigible.
- Il le couvre, mais l'écart s'est réduit de plus de moitié en deux
  périodes.
- Les disponibilités représentent moins d'un mois de charges décaissables.

**Faits de dette publique**
- Une dette sociale ou fiscale apparaît, alors qu'il n'y en avait pas.
- Elle progresse sur deux périodes consécutives.
- Elle dépasse un trimestre de charges de même nature.

**Faits de comportement de paiement**
- Le délai fournisseur s'allonge de plus de quinze jours sur deux périodes.
- Un compte fournisseur ancien cesse d'être mouvementé, ce qui signale
  souvent un arrêt de livraison.

**Faits structurels**
- Capitaux propres devenus inférieurs à la moitié du capital social.
- Compte courant d'associé remboursé alors que le passif exigible
  progresse. Ce fait est signalé à part : il ne mesure pas la difficulté, il
  annonce une nullité de la période suspecte.

### 5.3 Les trois niveaux

| Niveau | Déclencheur | Ce que l'écran dit |
|---|---|---|
| **À surveiller** | un fait, quel qu'il soit | « Un point à vérifier au prochain point mensuel. » |
| **À traiter** | deux faits, dont un de trésorerie ou de dette publique | « À regarder cette semaine. Voici les chiffres. » |
| **Urgent** | l'actif disponible ne couvre plus le passif exigible | « Le compteur de quarante-cinq jours a peut-être démarré. Vérifiez la date. » |

Le mot « urgent » n'est employé que pour ce cas, et jamais autrement.
Un indicateur qui crie tout le temps ne se lit plus.

### 5.4 Ce que chaque signalement affiche

1. Le fait, en une phrase de français.
2. Les deux chiffres qui le fondent, avec leur période.
3. La conséquence juridique, tirée du corpus du site.
4. L'action proposée, et une seule.
5. La date à laquelle le cabinet a vu ce signalement, et ce qu'il en a fait.

Le point 5 est ce que le cabinet achète réellement.

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## 6. Les écrans

### 6.1 Portefeuille

Une seule liste, triée par niveau puis par ancienneté du signalement.
Colonnes : client, niveau, faits déclencheurs en trois mots, date du
dernier import, dernière action du cabinet.

Un filtre par collaborateur. Rien d'autre. Cet écran doit se lire debout,
en trente secondes, un lundi matin.

### 6.2 Dossier

En haut, la confrontation des deux masses, sous forme de deux barres et de
deux nombres. C'est la seule visualisation du produit, et elle est la copie
exacte du tableau que le tribunal demandera.

En dessous, les faits observés, chacun avec ses chiffres et sa conséquence.

À droite, les échéances qui courent, s'il y en a.

En bas, le journal : ce qui a été vu, par qui, quand, et ce qui a été
décidé. Une ligne par événement, jamais effaçable.

### 6.3 Préparer le rendez-vous

Un bouton, un document. Il contient le tableau des deux masses, la
trésorerie à treize semaines si elle a été renseignée, la liste des
questions à poser, et les conséquences juridiques des réponses possibles.

Ce document est ce que le collaborateur emporte chez le client. C'est le
moment où le produit cesse d'être un tableau de bord et devient un outil de
travail.

### 6.4 Import

Glisser un fichier, voir ce qui a été compris, corriger les affectations
douteuses une fois pour toutes. L'import doit tenir en moins de deux
minutes pour un portefeuille entier.

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## 7. Ce qui protège le cabinet, et comment le dire

Un expert-comptable a un devoir de conseil, et sa responsabilité peut être
recherchée pour ne pas avoir alerté un client sur une situation qu'il
pouvait constater.

Vigie ne supprime pas ce risque : il le documente. Le journal établit ce que
le cabinet a vu, quand, et ce qu'il a écrit à son client.

C'est l'argument commercial le plus fort du produit, et il doit être
présenté avec exactitude et sans exagération. Le produit ne « couvre » pas
le cabinet, il lui donne les moyens de démontrer qu'il a fait son travail.
Promettre davantage serait une pratique commerciale trompeuse, et
juridiquement faux.

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## 8. Protection des données

Les données financières d'entreprises clientes sont parmi les plus
sensibles commercialement qui soient, sans être des données sensibles au
sens du règlement.

Règles de conception, non négociables :

- **Cloisonnement par cabinet.** Aucune requête ne peut traverser la
  frontière d'un cabinet. Cette règle est vérifiée par un test automatisé,
  pas seulement écrite.
- **Aucune donnée nominative de personne physique** n'est collectée.
- **Aucun entraînement de modèle** sur les données des cabinets, jamais,
  et l'engagement figure au contrat.
- **Chiffrement au repos** des fichiers importés, purge automatique des
  fichiers sources après traitement.
- **Journalisation des accès** : qui a consulté quel dossier, et quand.
- **Export et suppression** à la demande du cabinet, sous trente jours.
- **Sous-traitance** : le cabinet est responsable de traitement, l'éditeur
  sous-traitant. Un contrat conforme à l'article 28 est une condition de
  vente, pas une formalité.

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## 9. Modèle économique

Abonnement annuel par cabinet, avec trois paliers fondés sur le nombre de
dossiers suivis.

Ce qui compte davantage que le prix :

- **Pas de tarification à l'usage.** Un cabinet qui hésite à importer parce
  que ça coûte n'importe pas, et le produit meurt.
- **Pas de facturation au client final.** Le cabinet est le client, point.
- **Aucune commission d'aucune sorte** si le dossier débouche sur une
  procédure. Le produit ne doit jamais avoir intérêt à ce qu'un client
  tombe. Cette règle est structurelle et figure au contrat.

Le premier palier doit être bas au point que la décision se prenne sans
comité. On vend un outil qui évite un sinistre, pas un logiciel de gestion.

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## 10. Construction

### Version 1, ce qui suffit à vendre

Import de balance, calcul des faits observés, écran portefeuille, écran
dossier, journal, document de préparation de rendez-vous. Multi-cabinet
cloisonné. C'est tout.

### Version 2

Historique et courbes, saisie de la trésorerie prévisionnelle, alertes par
courriel hebdomadaires, accès en lecture pour le client du cabinet.

### Version 3

Connecteurs vers les principaux logiciels de production comptable, dossier
partagé entre le cabinet, le dirigeant et son avocat.

### Ce qu'il ne faut pas construire

Un moteur prédictif, un score, une intelligence artificielle qui commente
les dossiers. Le jour où le produit affirme quelque chose qu'il ne peut pas
démontrer, il perd la seule chose qui le distingue : le fait que chacun de
ses signalements se justifie par deux chiffres et un article.

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## 11. Réemploi de l'existant

Le site apporte déjà, sans développement supplémentaire :

- le corpus juridique qui alimente les conséquences affichées ;
- les 811 définitions pour les infobulles ;
- le moteur de diagnostic et les simulateurs existants ;
- la mécanique de versions et de vérification éditoriale ;
- la charte graphique et les composants.

Ce qui reste à écrire tient dans un nouveau domaine `Vigie` : import,
calcul des faits, portefeuille, journal, génération du document.

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## 12. Critères d'acceptation de la version 1

1. Un cabinet importe une balance de deux cents dossiers en moins de deux
   minutes.
2. Chaque signalement affiche les deux chiffres qui le fondent et l'article
   applicable.
3. Aucun écran n'affiche de note, de score ou de pourcentage de risque.
4. Un test automatisé échoue si une requête peut lire les données d'un
   autre cabinet.
5. Le journal ne peut être ni modifié ni supprimé, seulement complété.
6. Le document de préparation de rendez-vous s'ouvre en un clic et tient en
   deux pages.
7. Aucune donnée nominative de personne physique n'est stockée.

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## 13. Comment on vérifie que c'est utile

Trois mesures, et aucune ne concerne le trafic.

- Le nombre de dossiers passés du niveau « à traiter » à une action tracée
  dans le journal.
- Le délai entre le premier signalement et la première action du cabinet.
- Le nombre de cabinets qui importent une deuxième fois. C'est la seule
  mesure qui compte vraiment : un outil qu'on n'alimente pas est un outil
  mort.

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## 14. La phrase à retenir

Le cabinet ne paie pas pour savoir ce qu'est une cessation des paiements.
Il paie pour qu'on lui dise, un lundi matin, lesquels de ses deux cents
clients s'en approchent, et pour pouvoir prouver qu'il l'a su.
